L’ombre contient ce qui est réprimé par la persona, parce qu’elle le considère comme négatif suite aux influences de son éducation (personnes qui ont joué un rôle déterminant dans notre éducation : parents, éducateurs,…). Pour ne pas déplaire à ces personnes, par peur de perdre leur affection et de les décevoir, nous avons nié une large partie de nous-même et l’avons renvoyée vers l’inconscient.
L’ombre est cette énergie psychique qui est compressée mais toujours active et vivante.
L’ombre a tendance à se projeter sur les autres. Quand nous sommes irrités par une personne et un trait de son caractère, c’est que notre ombre est entrain d’agir à notre insu. Et nous ne désirons pas, en réalité, reconnaître que nous possédons ces traits ou défauts insupportables en nous-mêmes.
L’ombre représente tout ce qui n’est pas entré dans la lumière de la conscience. Le Moi conscient pouvant être comparé à une lumière ; lumière qui produit une aire obscure dans l’inconscient.
Le Moi relève donc de la conscience, l’ombre de l’inconscient. L’ombre se révélera principalement la nuit dans nos rêves.
L’ombre peut être noire (instincts refoulés : sexualité, agressivité) ou blanche (qualité vertueuse ou spirituelle)
L’ombre a une fonction positive : elle compense la persona et enrichit celle-ci de son énergie.
En la rendant consciente, l’ombre est intégrée au Moi et permet de se rapprocher de la totalité. La totalité n’étant pas la perfection mais étant « l’intégralité de l’être »[2]
Le travail sur son ombre est donc une condition essentielle pour apprendre à se connaître, pour évoluer en tant que personne équilibrée et entière.
Si l’ombre est chassée, elle possèdera une telle énergie autonome qu’elle affaiblira le moi, ses éléments se retourneront contre la personne et lui créeront
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des problèmes psychologiques: stress, dépression, culpabilité, jalousie, colère, assuétudes diverses,…
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des problèmes relationnels : une personne qui refuse de reconnaître son ombre projettera vraisemblablement cette ombre sur quelqu’un d’autre. Les traits qu’elle refuse d’accepter seront attribués à autrui, ce qui se manifestera soit sous forme d’une fascination, soit d’une menace. Ce qui entraînera automatiquement des conflits, une incapacité à aimer l’autre
La métaphore du « sac poubelle » [3]illustre très bien l’idée de refouler un trait de caractère, une émotion, un talent. Au fur et à mesure de la vie, ce sac s’alourdit et empêche la circulation libre d’informations entre l’inconscient et le conscient. Le Moi se met alors à souffrir d’anxiété, de dépression, de mal être.
Ex. d’interdits : ne pas faire de bruit, ne rien garder pour soi, ne pas exprimer son affection et sa tendresse, ne pas se montrer fort et autonome,….
Catégories d’interdits : interdits de devenir soi-même, de s’affirmer au niveau des opinions, d’exprimer ses émotions, interdits de se distinguer dans des apprentissages, interdits portant sur la vie affective
Le Soi permet la réintégration des pôles du psychisme : masculin/féminin, amour/puissance, souffrance/salut, perte/gain, action/méditation, possession/pauvreté, liberté de choix/devoir,…
Il correspond au principe divin présent en chacun de nous. Centre spirituel, de créativité et d’intégration de la personne. Le Soi est aussi l’âme humaine habitée par le divin[1]
C’est par l’envoi de symboles transcendants que l’union des contraires se réalisera. De grands symboles religieux tels que la croix, le mandala, le Tai Chi Chu, la fleur d’or, la Mandorle seront les témoins d’une transformation psychique amorcée.
Le Soi ne pourra résoudre ces tensions que s’il y a désir de la personne de lâcher prise et de le laisser agir.

Shéma extrait de « Apprivoiser son ombre », Jean Monbourquette, pp 81-82
2] Encyclopedia Universalis Apprivoiser son ombre, Jean Monbourquette, p.53 |